Les débuts

Enfance
Je suis née en France en 1984 et j'ai grandi en région parisienne, à Noisy-le-Grand, où j'ai effectué toute ma scolarité jusqu'au lycée. Mes parents, qui étaient partis de Taïwan dans les années soixante-dix pour venir s'installer à Paris, ont encouragé nos pratiques culturelles et artistiques : cours de musique et cours de chinois en dehors de l'école, et quelques sorties familiales dans les environs de Paris avec parfois dans nos sacs des carnets de croquis, des crayons et un appareil photo en plus du pique-nique.
Mais la lecture restait mon passe-temps favori. Adolescente discrète, l'écriture s'est naturellement imposée, avec l'envie, au début, de s'inventer une autre vie, d'écrire ce qu'on n'arrive pas à dire, et puis, petit à petit, se prendre au jeu des mots, des phrases à construire, et continuer, parce qu'il faut bien terminer l'histoire qu'on a commencée, ou la réécrire, pour l'améliorer.

Parcours
Après un bac littéraire, je me suis orientée en métiers du livre. Pendant ces études, je me suis intéressée plus particulièrement à l'aspect artistique du livre, à l'objet livre, à l'édition jeunesse. Pourquoi ne pas les illustrer, ces histoires que j'écrivais ? J'ai tenté d'apprendre à dessiner, mais c'est sûrement grâce à l'écriture plutôt qu'au dessin que j'ai pu intégrer l'École Supérieure d'Art d'Épinal. J'ai commencé à écrire et illustrer des livres jeunesse en réponse aux sujets qu'on nous proposait à l'École. Mon projet de diplôme, soutenu en 2007, a été publié aux éditions Gecko l'année suivante, sous le titre d'Écume.
Après quelques années plus ou moins chaotiques à exercer ce métier d'auteur et d'illustrateur jeunesse, j'ai décidé de reprendre en 2013-2015 un master en littérature de jeunesse à l'Université de Cergy-Pontoise, afin de nourrir mon travail d'auteur et de le faire évoluer.
Aujourd'hui, je poursuis mon travail d'auteur et d'illustrateur tout en exerçant à côté un travail de coordination éditoriale pour la Philharmonie de Paris auprès des jeunes publics.


Écriture et illustration  
L'album a été pour moi d'emblée le moyen d'associer l'écriture et l'illustration. Pourtant, mes premiers albums ont toujours été conçus d'abord en écrivant un texte – souvent très narratif ou se suffisant à lui-même –, puis l'illustration du texte venait ensuite, comme ça a été le cas dans les commandes d'illustration d'albums auxquelles j'ai répondu. Je tente malgré tout d'apporter quelque chose de plus dans mes dessins, d'apporter un univers, mais je cherche encore une façon qui me serait propre de faire l'album, en mêlant plus étroitement texte et images...
En 2011, mon premier roman jeunesse est paru aux éditions Syros : l'occasion de revenir de façon plus affirmée dans l'écriture, de développer de façon plus poussée des personnages, une intrigue, sans se limiter aux seize double-pages habituelles d'un album. Là aussi, je continue à expérimenter : après trois romans pour pré-adolescents – ils ont en commun un cadre (le collège), un narrateur en "je", et une intrigue qui prend sa source dans un objet banal du quotidien (faire une roue, un banc public, un vieux pull déformé) – j'essaie d'emprunter d'autres voix narratives, en fonction des personnages et des récits qui s'imposent... à suivre.



Je parle de mon métier sur La mare aux mots
 Extrait :
"La mare aux mots : Vous vous sentez plus auteur ou illustratrice ?
[...] À vrai dire, je ne me suis jamais sentie à l’aise dans l’illustration : j’ai commencé à dessiner tardivement et j’avais un niveau technique assez faible par rapport à ceux de ma promotion à l’école d’art. Il m’a fallu beaucoup travailler, expérimenter, et cela a été laborieux. Dessiner pour moi relève toujours d’un combat d’où je ressors rarement satisfaite. Au contraire, l’écriture est associée à l’idéal et à l’enfance, parce que j’ai aimé écrire depuis toute petite ; c’est l’écriture qui m’a amenée au dessin, parce qu’à un moment, je me suis dit que ça pourrait être bien, d’illustrer ses propres histoires. L’écriture a toujours été là, je m’y sens donc plus à l’aise, même si je suis toujours hésitante face à mes textes, et que je ne saurais me passer de la relecture et de l’œil critique d’un éditeur."

Ma première interview, en 2008 : 
La Liberté de l'Est du 30 septembre 2008







1 commentaire:

  1. Un beau début parcours qui annonce une suite toute aussi belle.
    Bravo!

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